Contexte: il y a deux ans.
Il y avait du monde ce soir-là à l’Elyseum parisien. Ca parlait, diffusait des ragots, soutirait des informations. Des Toréadors pavanaient, des Ventrues sortaient des billets, des Nosfératus rôdaient. Quel beau monde décadent. Rampa tira longuement sur sa cigarette, cherchant du regard sa cible qui fréquentait régulièrement les lieux. Ses informations étaient réduites et il ne savait pas vraiment à qui il allait s’attaquer. Soudain il le repéra. Costume impeccable, longs cheveux blancs en catogan, et un air aristocratique. Le voilà. Il était en discussion avec le Prince Fronsac (Rampa connaissait tout de même un peu de politique vampirique parisienne). Rester à distance et ne pas éveiller les soupçons. “Bel homme” songea-t-il amusé. Sa silhouette lui rappelait vaguement quelqu’un croisé lors de son voyage en Angleterre le siècle dernier. Bon. Au moins il savait. Restait à le pister quelques jours et l’éliminer “de la façon la plus humiliante qui soit” comme le demande son client. Vu la somme en jeu, Rampa avait décidé que le client serait Roi pour une fois.
Il écrasa sa cigarette sur le sol marbré et sortit. Il irait bien à un concert ce soir. S’exploser les oreilles un bon coup pour oublier sa carcasse vide. Longeant les rues noires, il réfléchissait à son “trône”. Il avait entreprit de confectionner un nouveau fauteuil de bureau avec des os et un patchwork de peaux. Ca l’occupait. Car Rampa s’ennuyait. Et l’expression le dit si bien “All work and no play makes Jack a dull boy” (trouvez la référence cinématographique !). De l’animation que Diable ! Il alluma machinalement une autre cigarette. Il serait déjà mort d’un cancer pensa-t-il en souriant. Si il respirait encore. Ca a dû bon parfois l’immortalité. Son regard croisa celui d’une jeune femme devant la salle de concert. Elle ne baissa pas les yeux. Courageuse petite. Elle respirait rapidement dans son corset et de la vapeur s’achappait de ses lèvres en partie gercées par le froid mordant. Rampa avait trouvé son jouet du moment. Il se glissa rapidement derrière, une main glacée sur sa nuque. Il ferma les yeux un instant en essayant de faire taire la voix de l’âme de la jeune fille. Il détestait ces voix. C’était le prix à payer pour sa clairvoyance et ses intuitions. Le prix était cependant cher râla-t-il intérieurement. Si il avait sû. Enfin… Il caressa la jolie gorge, effleura sa poitrine d’une griffe légère. Respira son parfum. Elle sentait la vie, et le désespoir. De belles contradictions. Il aurait pu lui faire subir l’immortalité et s’en amuser quelques temps, observant sa dépression. Rampa était curieux de cette maladie. Celle du siècle. Evidemment il n’était pas atteint. Comprendre était une obsession. Mais ses “collègues” psychiatres étaient de plus en plus débordés par les cas de dépression. Curieux mal-être. Soudain, la jeune fille se raidit et se dégagea. Le vampire osa un oeil par-dessus son épaule. Une voiture était garée à quelques mètres, la vitre arrière passager entre-ouverte. Elle poussa lentement Rampa et s’approcha rapidement du véhicule. Ce dernier croisa les bras, vexé. Elle devait avoir un petit ami. Ou bien… Il fixa quelques secondes la berline. Un vampire était dedans. Et pas de bonne humeur. On allait lui piquer sa proie ! Hors de question ! Alors qu’il se dirigea d’un pas décidé vers la voiture, la jeune fille se détourna, et rentra rapidement dans la salle de concert.
Rampa sentit alors la colère monter. Son jouet à lui ! La vitre se ferma.
“- Hého ! La bestiole là-dedans ! Je m’amusais moi ! (il jura intérieurement devant son soudain caprice) Je la voulais.
La sécurité de la portière cliqueta, et elle s’ouvrit lentement, pour laisser émerger l’albinos de l’Elyseum. Il domina Rampa de sa haute taille et le dévisagea d’un air contrit. Sans un mot. Mais ce dernier ne se démonta pas (et jura tout autant)
“- Vous m’avez parfaitement entendu ! Rendez-moi cette fille !
“- Silence, coupa son interlocuteur.
Hirose attrapa le brun par le bras et le coinca contre la voiture. Il murmura, menaçant.
“- Si je n’étais pas arrivé pour sortir cette fille de vos griffes, vous auriez brisé la mascarade avec tous ces humains autour !
“- Mais c’est le jeu ! Rétorqua Rampa, son bras commençant à prendre un angle bizarre et douloureux.
“- Il n’y a aucun jeu de ce type sur mon territoire idiot de vampire. Et jusque-là, vous ne m’avez pas été présenté, vous n’avez donc rien à faire ici !
“- Vous pouvez lâcher mon bras ? Il s’efforça dans un sourire tout aussi tordu que son membre.
L’Albinos relâcha sa prise violemment, mais pointa aussitôt un automatique sur la poitrine de Rampa.
“- Demain. Vous vous présenterez à moi impérativement. Et je passerai peut-être sur notre incartade. Sinon, je vous fait descendre aussi sec.
Rampa aurait voulu se faire tout petit devant son autorité, mais ne put s’empêcher de sourire. Sa future victime était un grand territorial. Parfait. Gagner sa confiance petit à petit. Il éclata franchement de rire, sans pouvoir se retenir, à s’en tenir les côtes. Hirose ne se retourna pas et se contenta de pester “Maudit Malkavien !” avant de remonter dans son Audi. Si seulement il savait…
14 août 2008 at 1:08
bien moins piquant qu’a une époque, ton style baisse…
flammes
23 août 2008 at 11:16
Je n’écris plus depuis des années, il n’y a donc plus aucune prétention dans mes lignes, à part la catharsis de sortir ce que j’ai dans a tête à l’instant x (et en écrivant du boulot). Donc loin de moi les effets de style malheureusement.
Cependant, ravie de te savoir en vie, contacte-moi à l’occasion.